Critiques Cinéma

FLAMIN’ HOT (Critique)

SYNOPSIS : La véritable histoire de Richard Montañez qui, après avoir commencé comme gardien au sein de la société Frito-Lay, a bouleversé l’industrie agro-alimentaire en utilisant son héritage hispano-américain pour créer les chips « Flamin’ Hot Cheetos », devenues au fil du temps un phénomène de la pop culture mondiale. 

Il arrive parfois que certains projets – en particulier à Hollywood, mais ne généralisons pas – tiennent en un pitch particulièrement improbable qui évoque l’appétit de leurs studios pour le name-dropping et les high concepts. Flamin’ Hot est de ce genre-là, sérieusement emballé par une promotion orientée américaine. En cause : les Hot Cheetos, ces snacks cultissimes de l’autre côté de l’Atlantique qui s’arrachent sous toutes leurs déclinaisons dans les rayons des supermarchés. Dans cet élan hollywoodien qui s’attèle rapidement à s’auto-congratuler en mettant en image leurs propres success stories, Flamin’ Hot se révèle, à travers ses failles et son optimisme un peu naïf, comme une jolie surprise populaire et ensoleillée qui donne à la comédienne Eva Longoria sa première réalisation (comme on parlait d’improbabilité…). Flamin’ Hot adapte l’autobiographie de Richard Montañez, un américain issu d’une famille mexicaine, et les tribulations de sa carrière au sein de l’entreprise Frito-Lay en Californie. Alors agent d’entretien depuis presque une dizaine d’années, Montañez est frappé par une idée lumineuse lorsqu’il observe la communauté latino dans les rues de sa ville : elle a trop longtemps été ignorée par les grandes corporations. Il met alors au point, avec sa femme Judy, une recette de Cheetos ultra-épicée qui ravit son quartier. Mais comment convaincre le big boss de PepsiCo, le charismatique Roger Enrico, que cette idée vaut le coup lorsque l’on est un « simple » agent d’entretien ?



Profitant de son ambiance hispanophone, concentré d’atmosphère mexicaine dans le traitement des couleurs, de la bande-son et du rythme de son montage, Flamin’ Hot se fait biopic curieusement atypique d’une personnalité qui l’est tout autant. La star du film, c’est bien entendu Jesse Garcia, génialement attachant de bout en bout avec ses instants de génie entrecoupés de maladresses touchantes et d’une bonne dose de second degré qui donne tout son charme à la structure du film. Car c’est son Richard Montañez qui dicte le rythme du long-métrage à l’aide d’une voix-off inspirée, menant la danse d’une success story façon American Dream que l’on connaît pourtant déjà par cœur.


Mais loin s’en faut, Eva Longoria réussit haut la main son pari en proposant un joli moment de cinéma au sein de cette famille américaine à l’héritage mexicain qui se bat pour faire exister leur communauté aux yeux de leur pays. En se baladant à travers les années 70/80/90 pour pouvoir scruter le racisme inhérent à la société américaine – que ce soit par des actes de violences comme par des détails minuscules (ses patrons chez Frito-Lay n’ont, en plus de 10 ans, jamais fait l’effort de broder l’accent du n de Martiñez sur le badge de son uniforme), Flamin’ Hot se fait à la fois portrait de l’entourage de son personnage principal et contextualisation socio-politique des Etats-Unis. Si le scénario de Lewis Colick et Linda Yvette Chávez ne décolle pas non plus extrêmement haut pour dérouler son histoire, le film lui se veut proposition de biopic colorée et épicée en tirant quelques inspirations de la richesse stylistique de quelques aînés – comme le brillant I, Tonya – sans en avoir non plus l’ambition. Mais l’enthousiasme propagé par le long-métrage sait suffisamment convaincre sans virer vers le tire-larmes ni vers le pathos, tout en parvenant à rentrer dans le cadre plutôt fragile du biopic typique du genre.


En somme, Flamin’ Hot ne réinvente pas la poudre (et n’en a définitivement pas l’intention), permettant à Eva Longoria de s’épanouir avec un premier coup d’essai convaincant par nature. Doté d’un bon fond et d’un cœur difficilement niable, ce joli biopic aux apparences pourtant un brin lisses et paradoxalement pas assez épicées accompagne un casting chaleureux (Annie Gonzalez compose le cœur du film derrière son protagoniste, aux côtés de Dennis Haysbert en mentor très sympathique et du génial Tony Shalhoub qu’on retrouve avec un immense plaisir dans le rôle de l’imposant Roger Enrico que Richard voit de manière hilarante comme un potentiel mafieux tout droit sorti des Affranchis) sous une bande-son rafraîchissante et une bonne dose de rigolade. Le projet est risible, mais le film s’en sort avec les honneurs d’un moment décemment attachant à l’instar du génie ordinaire qui mène cette aventure.

Titre original: FLAMIN’HOT

Réalisé par: Eva Longoria

Casting : Jesse Garcia, Annie Gonzalez (II), Emilio Rivera  …

Genre:  Biopic

Sortie le: 09 Juin 2023

Distribué par : Disney +

TRÈS BIEN

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