Critiques

ABYSSES (Critique Saison 1) Une proposition audacieuse à grande échelle…

SYNOPSIS : Après des années de pollution et de dérèglement climatique, une force mystérieuse venue des profondeurs utilise des créatures marines pour déclarer une guerre contre l’humanité. Alors que la société s’effondre, une équipe de scientifiques doit découvrir la vraie nature des attaques et de la créature énigmatique qui les initie avant qu’il ne soit trop tard.

Fruit d’une intense co-production internationale initiée par Frank Doelger (producteur américain connu pour ses travaux chez HBO, notamment sur Game of Thrones), Abysses a des airs de collaboration à échelle mondiale comme on en voit peu. Originalement commandé par la ZDF allemande et rejoint par des chaînes françaises, italiennes, scandinaves, japonaises et on en passe, le projet basé sur le livre du même nom écrit par Frank Schätzing réunit un joli casting multilinguistique sous un thriller écologique au concept intriguant. Abysses suit, pendant les 10 épisodes qui composent cette première saison, une galerie chorale de personnages situés aux quatre coins du monde. Alors que de mystérieux évènements mettant en cause les océans et leur biodiversité menacent directement l’humanité, ces scientifiques et autres chercheurs vont être amenés à enquêter sur la cause de ces drames et éventuellement mettre en place une stratégie de défense.

En composant un thriller au message écologique sans équivoque sur les océans du monde qui s’attaquent aux Hommes dans des représailles face aux inactions et aux violentes pollutions internationales qui les saccagent, Abysses sort des sentiers battus en virant chronique scientifique affutée et riche en mystères. Lorgnant parfois, et de façon maligne, vers le fantastique lorsque les connaissances techniques ne suffisent plus à expliquer les évènements, cette première saison réussit assez habilement à distiller son atmosphère inquiétante à travers son concept fort. Mais sa structure manque parfois de consistance, répétant alors les mêmes poncifs à chaque épisode, occasionnant un ventre mou conséquent au centre de cette salve. Ces épisodes sont composés majoritairement d’installations (de nouveaux personnages, de leurs relations, de leurs recherches respectives et des mystères qu’ils cherchent à percer) qui finissent constamment par virer au drame dans un effet de surprise voulu. Mais lorsque cette mécanique fonctionne de la même façon à chaque épisode, cette surprise s’efface donc au profit d’un manque d’ampleur et de conséquences sur la suite de la narration.

Abysses parvient alors à tirer son épingle du jeu en tranchant avec les habituels récits catastrophes que l’on ne connait que trop bien, en multipliant les menaces au fil de ses épisodes. Une série de tsunamis, une bactérie mortelle qui s’infiltre par les fruits de mer, des attaques calculées d’orques et de baleines… Chaque idée mise en place par la série permet de mettre en exergue le propos de son concept, renvoyant l’humanité à ses fautes et à son mépris de la nature. S’il paraît simpliste de résumer l’ambition de la série à ces quelques mots, elle réussit tout de même à emporter à certains instants – notamment dans ses deux épisodes finaux- qui embrassent le film d’équipe en rassemblant ses principaux protagonistes pour de bon.

Ceux-là prennent d’ailleurs une série de visages internationaux, à commencer par la belge Cécile de France, l’allemande Leonie Benesch, le suédois Alexander Karim, le canadien Joshua Odjick, la finlandaise Krista Kosonen et le japonais Takehiro Hira. Abysses se focalise essentiellement sur ses différents personnages et sur leurs entourages, offrant à la fois un point de vue globale sur l’ampleur mondiale des évènements et de nombreuses longueurs structurelles dues à quelques lacunes d’écriture qui refusent un peu l’évolution de ses protagonistes au profit de son récit catastrophe. Au terme de cette saison (qui envisage une suite dans son très joli final, bien supérieur au reste des épisodes), Abysses apparaît comme une proposition audacieuse à grande échelle, un peu trop diffuse pour être continuellement intéressante mais suffisamment documentée et référencée pour ne pas prendre l’eau. En offrant frontalement un sujet profondément moderne sur la maltraitance animale, la pêche abusive, la pollution aquatique et l’inaction humaine face aux dysfonctionnements climatiques de la planètes, Doelger signe une série aux ambitions un peu rattrapées par un certain lisseur visuel (même si les effets spéciaux sont pour la plupart plutôt efficaces) malgré son envie constante d’emmener son ampleur toujours plus loin. Abysses toise alors le plus grand inconnu de l’humanité, à savoir ses océans, pour leur inventer une contre-attaque thématiquement riche, où les scientifiques slaloment entre les incompréhensions, le mépris et la colère pour faire la lumière sur la source des évènements.

Crédits : France 2

2 réponses »

  1. J’ai vu la série et je dois dire que j’ai bien aimé. L’auteur Frank Schätzing a participé au projet, mais s’est bien vite désisté en disant partout tout le mal qu’il pensait de l’adaptation, ce qui a jeté dès le départ une lumière négative sur la série.
    Je reconnais une certaine lenteur, mais personnellement, cela ne me dérange pas. Sur bien des points, l’intrigue me rappelle le premier film Star Trek.
    Le final m’a un peu laissé sur ma faim. J’aurais peut-être préféré une fin moins ouverte, et peut-être déjà plus d’informations sur les Yrrs.
    J’espère que le succès international sera au rendez-vous et qu’il y aura une deuxième saison. Ce serait dommage d’arrêter la série maintenant.

  2. Encore une série à bavardages inintéressants courus d’avance avec un scénario qui se résume à pas grand chose, voire rien. 6 h alors qu’un court-métrage de 30 mn suffirait. On se demande qui décide la réalisation de tels projets qui, en plus, ne doivent pas être très économiques. Zéro pointé. Cerise sur le gâteau, la conclusion, si l’on ne veut pas qu’elle soit décevante, peut laisser supposer et souhaiter qu’il y ait une série suivante. Il faudrait énormément de boulot pour éviter le fiasco de cette première. Il n’y a que des étoiles pour noter. Cela fait mal d’en mettre une. Ce sera quand-même pour l’image.

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