Critiques

LYCEE TOULOUSE-LAUTREC (Critique Saison 1 Épisodes 1×01-1X02) Des réserves initiales mais une réussite majeure…

SYNOPSIS: Toulouse Lautrec raconte la vie d’un lycée pas comme les autres. Un lycée qui accueille des élèves en situation de handicap, comme Marie-Antoinette, une pétillante tétraplégique, ou Charlie, atteinte d’une tumeur au cerveau. Mais aussi des élèves valides, comme Victoire, une jeune adolescente contrainte d’intégrer cet endroit hors-norme pour suivre son frère et qui va, bien que réfractaire au départ, dépasser peu à peu ses préjugés. Elle va y découvrir l’amitié, l’amour, la solidarité. Le courage et la force de tous ses camarades, mais aussi la dévotion et l’altruisme des parents et du corps enseignant. Tous ces héros du quotidien vont la bouleverser et changer sa vie à jamais.

En 2017, au moment de découvrir la première saison des Bracelets rouges, nous disions que c’était « une série à la fois drôle et bouleversante qui parvient là où on pouvait craindre qu’elle ne tombe dans le pathos, à ce que ce ne soit jamais le cas. Par une parfaite gestion de l’émotion, d’une énergie et d’un humour qui contrebalancent sans cesse la tentation de tomber dans la facilité, c’est un hymne à la vie alternant les moments d’espoirs et de désillusions. « . La nouvelle série de TF1, Lycée Toulouse-Lautrec qui a notamment en commun le réalisateur Nicolas Cuche a beaucoup de similitudes avec Les Bracelets rouges, ce qui soyons honnête, nous a quelque peu décontenancé devant le premier épisode. En effet, la série est là aussi portée par de jeunes interprètes qui en sont les vraies vedettes et qui sont dotés d’un tempérament de feu. Et comme dans Les Bracelets rouges les personnalités connues, dans les rôles des enseignants ou des parents d’élève (Stéphane de Groodt, Valérie Karsenti, Aure Atika, Charlie Bruneau, Joséphine Draï, Rayane Bensetti, Bruno Salomone…) sont plus en retrait, mais vecteurs d’humanité et cautions souvent raisonnables en opposition à l’insouciance de l’adolescence. Créée par Fanny Riedberger, qu’elle a co-écrite avec Eliane Vigneron et Nicolas Mercier, et qu’elle a co-réalisée avec Stéphanie Murat et Nicolas Cuche, Lycée Toulouse-Lautrec augure de belles promesses dans son épisode inaugural mais un aspect un peu programmatique en miroir avec Les Bracelets rouges a  empêché d’emporter d’emblée notre totale adhésion. L’adéquation entre les  images et l’écriture est pourtant impeccable dès le début, la série sait se faire subtile et pudique, drôle et tendre, mais l’émotion dans le premier épisode semble être quelque peu bloquée sur le frein à main. L’héroïne, Victoire, interprétée par Chine Thybaud a beau instantanément faire preuve d’une maturité de jeu et d’une justesse impressionnante, quelque chose nous empêchait d’être complètement emporté. On sentait pourtant confusément que la série en avait encore beaucoup sous le pied, que les jeunes comédiens et comédiennes handicapé-e-s, pour la plupart très vite extrêmement convaincants, allaient nous emmener dans des territoires inhabituels à la télévision française que l’on attendait le second épisode pour tomber vraiment sous le charme.

Et force est de constater que le second épisode de la série est une réussite majeure, que toutes nos réserves initiales se sont évaporées comme par magie, grâce à un récit accrocheur, une émotion qui enfin se fait jour sans pour autant être être tire-larmes, que les jeunes interprètes lâchent rapidement les chevaux et affichent un tempérament de feu absolument irrésistible. Ness Merad notamment dans le rôle de Marie-Antoinette est dotée d’un humour extraordinaire et elle est servie par des dialogues qui lui vont comme un gant. Elle est LA grande révélation de la série. Chine Thybaud on l’a dit, est instantanément juste mais il est plus difficile avec son rôle moins immédiatement empathique que celui de ses camarades de s’attacher à elle. Elle y parvient pourtant, au fil de scènes où elle s’ouvre enfin aux différences des autres élèves et parvient à dépasser ses préjugés initiaux. Elle a un grand talent et sait alterner la mauvaise humeur et la tendresse avec dextérité. Juliette Halloy, Adil Dehbi, Max Baissette de Malglaive entre autres campent des lycéens souvent irrésistibles malgré un quotidien plus compliqué à gérer que celui des élèves valides. La force de Lycée Toulouse-Lautrec est de ne pas faire des élèves en situation de handicap des bêtes de foire. Ils sont traités de la même manière que les valides avec les mêmes exigences et obligations de résultats. Si ce regard porté sur eux peut faire évoluer celui qu’ils reçoivent trop souvent dans la vraie vie, soit compassé soit remlpli d’atermoiement, ce sera déjà une avancée non négligeable. Mais la série, à ce stade, ne se pose pas en série politique. C’est un divertissement avec du fond, un angle, de l’humour, de l’émotion, qui ne manipule pas les sentiments des téléspectateurs et dont le dynamisme et la pétillance de ses jeunes interprètes offre une vraie cure de jouvence. Si l’ensemble de la saison 1 est du même tonneau que l’épisode 2, Lycée Toulouse-Lautrec aura bientôt une file d’attente interminable devant son portail.

Crédits: TF1 / Habanita Federation

 

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