Critiques

THE WHITE LOTUS (Critique Mini-Série) En petite forme…

SYNOPSIS: Le quotidien des employés et des clients d’une station balnéaire d’Hawaï..

Il y a près de 10 ans, l’acteur Mike White passait derrière la caméra pour Enlightened, une série HBO qui aura duré deux petites saisons, et qui voyait une Laura Dern au bord de la crise de nerfs, reprendre le contrôle de sa vie tout en déclarant la guerre à l’industrie pharmaceutique. Une histoire tendre sous une apparence corrosive, et qui aura marqué le cœur de tous ses (rares) spectateurs. Dix ans plus tard, Mike White est de retour, mais avec l’exact inverse d’Enlightened. Comprenez une apparence tendre voire rassurante, mais avec un cœur aussi dur qu’un bloc de béton. Bienvenue au “White Lotus”, un hôtel paradisiaque qui va transformer la vie de ses clients en enfer. Écrite et réalisée par White pendant le confinement, cette mini-série de 6 épisodes se veut être la saga estivale d’HBO, à défaut d’attendre le retour des gros blockbusters pour l’automne.

Le problème, c’est que malgré son casting all-stars et son décor hawaiien, la série, dès le pilote, ne raconte pas grand-chose que l’on ne sache déjà. A savoir que oui, les américains aisés se sont réappropriés la culture d’Hawaii et l’île-même; que les gens riches sont souvent odieux, et déconnectés de la réalité; et enfin, que les employés modestes de l’hôtel ont eux aussi des aspirations plus capitalistes qu’autre chose. Non seulement on le sait déjà, mais on est rapidement mal à l’aise, dans le mauvais sens du terme, face à l’avalanche de poncifs qui est déversée ici. La girlboss d’entreprise jouée par Connie Britton a tout d’une Laura Dern (tiens donc) dans Big Little Lies. Sydney Sweeney dans le rôle de sa fille, rejoue la partition troublante d’une relation ambigüe à la Rue et Jules dans Euphoria. Il n’y a aucune réelle surprise dans le cheminement de ces personnages qui donne envie d’en savoir plus sur eux. Et les quelques rares retournements de situation à leur sujet sont d’une paresse scénaristique incompréhensible de la part de Mike White.

Pour tenter de faire revenir les spectateurs d’une semaine à l’autre, l’arme ultime est rapidement dégainée en début de pilote : quelqu’un est mort sur l’île, au terme du séjour de 7 jours que la série nous raconte. Le problème étant qu’il est rapidement facile de deviner qui va y passer, malgré quelques fausses pistes, ce qui entraîne un ennui sidéral devant les rares tentatives de déjouer le pronostic du spectateur ! Jusqu’à un final anticlimatique au possible, malgré un semblant de suspense et un montage qui se bouge enfin pour faire ressentir un minimum de tension. C’est heureusement plus abouti en matière de mise en scène : les couleurs sont magnifiques, les paysages sont superbement mis en valeur via des séquences faisant place à la troublante bande-originale de Cristobal Tapia de Veer, plus en forme que sur The Third Day.

A bien y réfléchir, et après visionnage complet de la série, on se dit qu’elle aurait eu intérêt à mieux connecter ses différents personnages entre eux. L’une des scènes les plus marquantes de The White Lotus voit en effet le couple de jeunes mariés (Jake Lacy et Alexandra Daddario, parfaits tous les deux), en plein rite funéraire orchestré par une riche héritière (Jennifer Coolidge) complètement déboussolée. Un malaise suinte de tous les pores de la scène, les performances d’acteurs sont excellentes; et surtout, elle connecte en un instant différentes strates de richesse, d’état d’esprit. Cette scène est tout ce que The White Lotus aurait pu être, mais comme ses personnages, la série se regarde le nombril, réaffirme avec une complaisance auto-satisfaite des banalités logiques, que d’autres séries ont su mieux dire, avec une perspective différente. Un retour en petite forme pour Mike White, qui donne d’autant plus envie de retourner voir Enlightened.

Crédits: HBO Max / OCS

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