Tip/Top

Tip/Top (Classement) James Bond

La série des films de James Bond constitue un véritable culte avec ses codes et ses rites sur lesquels les fans dissertent à l’infini : le choix du chanteur, le générique peuplé de formes féminines suggestives, les gadgets et leur présentation par Q, la voiture, la Bond girl qui meurt dans le premier tiers du film, l’homme de main et son gimmick etc.. Mais Bond c’est surtout la franchise des franchises, la première et plus ancienne en activité ce qui fait qu’elle a tout inventé et expérimenté dans ce domaine aujourd’hui dominant à Hollywood : le reboot, le recasting de son héros, le merchandising, le placement de produit, la continuité scénaristique ou les épisodes indépendants etc. A la veille de la sortie du dernier opus avec Daniel Craig Mourir peut attendre, voici notre classement des vingt-quatre films de James Bond (oui nous comptons Jamais plus Jamais!) assorti d’un petit commentaire critique et/ou informatif. Nobody’s does it better !

001- Goldfinger – Guy Hamilton (1964)

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Le réalisateur Terence Young déserte Bond et c’est finalement à Guy Hamilton que reviendra l’honneur de signer l’étalon or de la franchise où se met en place définitivement la       « formule » : la scène pré-générique qui commence in media res  avec une fin de mission, la présentation des gadgets par Q, LA voiture, les deux Bond-girl (dont une qui meurt) et bien sur le vilain mégalomane charismatique et son homme de main « spécial » ici le coréen Oddjob . Goldfinger a la meilleure chanson, l’image la plus culte – « la fille en or » -, la voiture la plus mythique l’Aston martin DB5 et la plus grande réplique : éYou expect me to talk Goldfinger ? No M.Bond I expect you to DIE » .

002- Casino Royale – Martin Campbell (2006)

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Mea culpa : Nous étions atterrés  à l’annonce du casting de Daniel Craig effrayé par sa présentation catastrophique : maigre, le cheveu filasse, la tronche en biais. Un peu rassuré par sa prestation dans Layer Cake de Matthew Vaughn nous finissions par manger notre chapeau devant son interprétation exceptionnelle. Craig ne reprend aucune des approches de ses prédécesseurs à l’opposé d’un Brosnan qui en faisait la synthèse, il bâtit ici un nouveau Bond dans cette adaptation étonnamment fidèle du livre de Fleming (en reprenant même certains dialogues) alors que celui-ci est construit autour des enjeux d’une partie de poker. Martin Campbell qui reboote pour la seconde fois la série à l’intelligence d’ajouter deux grosses séquence d’action au début du film pour contenter le public (la poursuite parkour à Madagascar est une de nos favorites de la franchise) et peut alors se permettre de développer une vraie histoire d’amour tragique entre Bond et Vesper (incarnée par une excellente Eva Green). Du générique animé de Danny Kleinman au vilain incarné par Mads Mikkelsen tout est parfait  (et la chanson de Chris Cornell une des meilleures) . Bond is back.

003- L’espion qui m’aimait – Lewis Gilbert (1977)

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Après le creux créatif et commercial de Man With the Golden Gun il y a le feu à la maison Bond exit Tom Mankiewicz, le vétéran Richard Maibaum pitche une histoire ou de jeunes terroristes (on est en pleine époque de la bande à Bader) s’emparent des armes du SPECTRE mais « Cubby » Broccoli le producteur historique, joue la sécurité avec ce remake aquatique de On ne vit que deux fois signé Christopher Wood avec comme seule obligation, en ces années de détente entre les superpuissances d’y inclure une love story entre 007 et une agent russe. Avec un retour orthodoxe à « la formule », méchant mégalomane, base secrète (que Stanley Kubrick ami du chef décorateur Ken Adam aidera à filmer), exotisme et gadgets. Moore muscle enfin son jeu, tue de sang froid, abandonnant tout humour quand on évoque sa femme (rare moment de continuité Bondienne). Barbara Bach est une girl piquante loin d’être une potiche (comme beaucoup de Bond girls contrairement aux idées reçues)  et le film introduit le plus fameux des hommes de main le titan aux dents d’acier Jaws (feu Richard Kiel). Spectaculaire et magnifié par la lumière de Claude Renoir (petit fils du peintre) doté d’une des meilleures theme song « Nobody’s does it better »(toute à la gloire des exploits sexuels de 007) L’ Espion qui m’aimait ressuscite la franchise et prend sa place parmi les meilleurs donnant naissance à une nouvelle génération de fans (dont l’auteur de ces lignes).

004- GoldenEye – Martin Campbell (1995)

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Fragilisé par l’échec de Permis de Tuer la franchise emportée dans la faillite de la MGM semble condamnée, son producteur historique Cubby Broccoli malade, une bataille pour les droits s’engage, incertaine. Au bout de six longues années (un record) Bond revient enfin sur les écrans sous les auspices de la fille et du beau-fils de ce dernier. Pierce Brosnan qui avait du renoncer à la succession de Roger Moore pour cause de contrat télévisuel, endosse enfin le smoking. Exit le vétéran John Glen, Martin Campbell est appelé pour donner une coup de jeune à la franchise et c’est le coup de maître dés le pré-générique! La chanson interprétée par Tina Turner sur un somptueux générique de Danny Kleinman ressuscite les grandes heures, on ressent le plaisir de Brosnan a incarner 007 parvenant à faire la synthèse entre le sérieux de Dalton et la décontraction british de Moore. Famke Janssen campe une vilaine inoubliable. Seule faute de gout la partition d’Éric Serra si mauvaise que les producteurs en jettent les trois quarts pour la remplacer par des réorchestration du James Bond theme ! La mission est réussie la franchise redevient majeure et elle ne connaîtra plus l’échec. Merci Pierce et Martin !

005– Skyfall – Sam Mendes (2012)

 

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Même si il fait, cinquantième anniversaire oblige, des clins d’œil aux grands classiques de la franchise tout au long du film (surtout à l’ère Connery l’homme a du goût!), Sam Mendes s’écarte de la formule pour faire de cet opus un film qui tient autant du thriller psychologique que du film d’espionnage. Le vilain Silva miroir maléfique de 007 incarné par un flamboyant Javier Bardem partage beaucoup des caractéristiques présentes chez les méchants littéraires des Bond, comme sa difformité cachée et son coté malsain. Le final emprunte à Impitoyable et aux Chiens de Paille baignant  dans une ambiance quasi fantastique (magnifique photo de Roger Deakins). Hanté par la mort mais aussi la résurrection puisqu’il tue symboliquement 007 pour mieux lui redonner son aspect classique, SKYFALL est un véritable second reboot qui ramène à la fois le personnage et la franchise à leurs origines pour mieux les projeter vers l’avenir.

006- Au service secret de Sa Majesté – Peter Hunt (1969)

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La succession de Sean Connery enflamme les esprits et c’est finalement un inconnu George Lazenby mannequin australien sans expérience de comédien qui est choisi. Peter Hunt fidèle directeur de seconde équipe décroche son bâton de maréchal à la mise en scène  (ce sera son seul Bond). Les choix faits par Hunt et le scénariste Richard Maibaum sont audacieux. Au service secret de Sa Majesté abandonne les gadgets et la « Spy Fi »  pour une adaptation littérale du roman sans même en changer la conclusion dramatique. On pense un temps justifier le changement d’apparence de 007 par une chirurgie esthétique destinée à infiltrer le Spectre mais finalement aucune explication n’est apportée si ce n’est une réplique « méta » dans le pré-générique. Des clins d’œil aux précédents opus et un générique en montrant une sélection d’images impose l’idée qu’on à affaire au même personnage. Le film est à la fois un thriller et une romance, les scènes d’action sont moins nombreuses mais plus réalistes : l’attaque du Piz Gloria est un monument d’action. Diana Rigg venue de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir est une héroïne complexe digne de devenir l’épouse de 007 et Telly Savalas campe un Blofeld moins extravagant mais plus menaçant. Malgré un Lazenby un peu fade Au service secret de Sa Majesté bijou noir et romantique qu’ouvre le plus beau thème bondien de John Barry. Si aujourd’hui tous les choix faits par Eon productions ont été validés par l’Histoire (et copiés par les franchises modernes), à sa sortie, le film déçoit et va entraîner la franchise dans son époque la plus sombre…

007- Bons baisers de Russie – Terence Young (1963)

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Si Alfred Hitchcock un temps espéré par les producteurs avait réalisé un James Bond il est fort à parier qu’il ressemblerait à celui-ci, thriller d’espionnage de classe marqué par quelques excentricités Bondiennes (les chaussures poignards de Rosa Klebb incarnée par Lotte Lenya actrice fétiche de Berthold Brecht !) le film reste marqué par l’affrontement final dans un compartiment de train entre 007 et son double négatif le colosse Red Grant incarné par Robert « Jaws » Shaw

008- Tuer n’est pas jouer – John Glen  (1987)

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L’arrivée de Timothy Dalton apporte plus qu’un rajeunissement à la franchise. C’est un comédien décidé à approcher le personnage comme un vrai rôle qui succède à papy Roger depuis longtemps en pilotage automatique. Dalton revient aux sources des romans offrant un Bond plus tourmenté, plus fragile aussi. John Glen et Richard Maibaum lui offrent un Bond classique mais classieux qui voit le neo-007 voyager de l’Autriche à l’Afghanistan (ou il s’allie aux précurseurs d’Al Quaida, ok à l’époque c’était des gentils…) via le Maroc et affronter trois vilains : un transfuge fourbe (le néerlandais Jeroen Krabbé), un marchand d’armes psychopathe (Joe Don Baker qui reviendra des années plus tard comme agent de la CIA allié de Pierce Brosnan) et un tueur international (Andreas Wisniewski ancien danseur vu aussi en terroriste dans Die Hard) qu’il affronte dans un très spectaculaire final. Malgré une Bond girl un peu fade c’est un excellent opus.

009- Opération Tonnerre – Terence Young (1965)

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Après le triomphe de Goldfinger, Terence Young vient recueillir les fruits de la gloire qu’il a semé et adapte le livre co-écrit par Fleming et un certain Kevin McClory (dont les actions en justice donneront naissance des années plus tard à Jamais Plus Jamais et empêcheront les Bond officiels d’utiliser le SPECTRE jusqu’au film de 2015). Le film s’ouvre sur un convoi funéraire aux initiales JB en fait celles de l’espion français Jacques Bouchard qui tente de profiter de ses fausses obsèques pour disparaître déguisé en veuve éplorée. Bond va le supprimer lors d’un combat d’une violence inouïe pour l’époque avant de s’échapper avec son jet-pack dorsal. Bond  se lance sur les traces de bombes nucléaires disparues aux Bahamas que le SPECTRE utilise pour faire chanter la planète. Bien qu’excellent, c’est la dernière fois ou Sean est aussi en forme. Opération Tonnerre reste inférieur à son prédécesseur la faute à un vilain bien terne, une Bond girl (française) un peu fade (la méchante est beaucoup plus piquante) et une bataille finale sous-marine certes spectaculaire mais qui traîne en longueur.

010- James Bond 007 contre Dr. No – Terence Young(1962)

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Certes cette première adaptation de Bond est un excellent film d’aventures mêlant espionnage, érotisme distingué et esprit pulp avec son savant fou asiatique mais il n’aurait jamais connu un tel succès sans l’interprétation de Sean Connery. Préféré à un David Niven voulu par Fleming mais trop cher, l’ancien culturiste vu dans des productions Disney sera entièrement façonné par son metteur en scène/pygmalion Terence Young qui projettera sur le personnage ses propres goûts de luxe. Connery crève l’écran, carnassier, magnétique et impitoyable son Bond ringardise tous les autres héros de l’époque.A nos yeux il est le co-créateur du personnage tel qu’on le connait. Aucun des acteurs de l’époque n’aurait pu créer un tel mythe. Avec Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone il a contribué à la création du héros d’action moderne: + cruel, cynique mais du bon coté. L’émergence de la sublime Ursula Andress et le thème légendaire de John Barry parachèvent le travail.

011- Demain ne meurt jamais – Roger Spottiswoode (1997)

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Le second Brosnan, mis en scène par Roger Spottiswoode (ex-monteur et solide faiseur) est placé sous le signe de l’action. Le scénario? remake déguisé de l’Espion qui m’aimait (lui même remake déguisé de On ne vit que deux fois ) voit 007 faire équipe avec l’espionne chinoise jouée par Michele Yeoh qui remplace ici l’agente russe du film de Moore. C’est cette fois un magnat des médias calqué sur Rupert Murdoch interprété avec malice mais sans vraie menace par Jonathan Pryce (Brazil) qui tente de déclencher une guerre mondiale pour augmenter les audiences de ses chaines de TV. S’il n’est pas inoubliable Demain ne meurt jamais est très rythmé, marqué par l’aisance de Brosnan dans le rôle, deux hommes de mains efficaces : le géant allemand Gotz Otto (qu’on retrouvera quelques années plus tard aux cotés de Chevalier et Laspalés dans Ma femme s’appelle Maurice) et un excellent Vincent Schiavelli en médecin de la mort. Bonus la franchise se retrouve enfin un compositeur de talent en la personne de David Arnold. Un bon cru.

012- Permis de tuer – John Glen (1989)

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Concurrencé par les productions Joel Silver la franchise se tourne vers le thriller d’action en opposant Bond, en pleine « guerre contre la drogue », à un narco-trafiquant (le scénariste vétéran Richard Maibaum lui ajoutera une base secrète Bondienne qui fait un peu tache du coup). Le film est un revenge movie assez violent qui a le bon gout de reprendre des séquences entières du livre Vivre et Laisser Mourir (où 007 affrontait aussi un trafiquant). Dalton y est excellent dur et sombre. Beaucoup d’action mais le style du vétéran John Glen est vieillot et manque un peu de mordant.  A noter la présence de Benicio Del Toro dans un petit rôle d’homme de main sadique.

013 – On ne vit que deux fois – Lewis Gilbert (1967)

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Le contrat de Sean Connery, lassé, arrivant à terme, les producteurs décident d’intervertir l’ordre de la trilogie de Fleming mettant en scène le SPECTRE préférant On ne vit que deux fois à Au service Secret de sa Majesté jugé moins spectaculaire décision étrange car la motivation de 007 dans ce volume est de venger la mort de son épouse dans le précédent). C’est Roald Dahl l’auteur de Charlie et la Chocolaterie (!) qui signe le scénario qui voit le SPECTRE tenter de déclencher la troisième guerre mondiale en kidnappant des capsules spatiales russes et américaines depuis le Japon (où Bond est surnommé Mr Kiss Kiss Bang Bang dans un bel esprit de synthèse!). A noter que cette intrigue sera décalquée souvent dans la franchise (L’Espion qui m’aimait, Demain ne meurt jamais). Un peu trop long, mené par un Sean Connery empâté, visiblement peu concerné par les événements parfois surréalistes, Bond, grimé en autochtone est censé se fondre dans un village de pécheur japonais (!) , le film marque pourtant la franchise d’abord par le chef-d’œuvre du chef décorateur Ken Adam (celui de Kubrick pour Dr Folamour) la base secrète du SPECTRE cachée au cœur d’un volcan et bien sur l’apparition de Blofeld l’homme aux chat blanc enfin sous les traits de Donald Pleasance crane chauve, balafre sur soleil et col Nehru qui sera détourné par Mike Myers dans Austin Powers. Nous retiendrons l’affrontement de 007 à bord de sa « petite Nelly » face à un escadron d’hélicoptères et l’assaut final de la base par un commando de ninjas de Tiger Tanaka(!) et son mélancolique thème chanté par Nancy « fille de Frank » Sinatra.

014- Quantum of Solace – Marc Forster (2008)

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Monté à la hâte après le triomphe de Casino Royale plombé par la gréve des scénaristes cet opus parmi les plus courts de la franchise fait pour la première fois directement suite au précédent volet (il commence quelques minutes après). Le film  presque entièrement dédié à l’action ce qui en fait quasiment un film du coordinateur des cascades Dan Bradley (inventeur du style « Jason Bourne« ). Loin d’être à la hauteur du précédent nous considérons toutefois ce Casino Royale 1.5 comme l’équivalent cinématographiques des nouvelles qu’écrivaient Ian Fleming entre deux romans et  on prend énormément de plaisir à voir le tout nouveau Bond en action dans cet opus qui vieilli très bien. Plaisir (non) coupable.

015– Le monde ne suffit pas -Michael Apted  (1999)

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Réalisé par Michael Apted (Gorilles dans la brume) ce Bond cherche à évoquer l’esprit dramatique de Au service secret de sa majesté et Bons baisers de Russie, dont il partage un final stambouliote. Le concept derrière le méchant Renard : cet homme déjà mort car condamné par la progression de la balle que 007 lui a mis dans la tète, insensible à la douleur mais pas à l’amour est très bondien mais Robert Carlyle est un miscast  car il manque de l’envergure physique nécessaire à un tel personnage (on a échappé à Jean Reno c’est déjà ça!). Si ce rédacteur n’apprécie pas Sophie Marceau en tant qu’actrice il faut lui reconnaître que son coté un peu folle sert bien le personnage ambivalent d’Elektra King, sa relation avec Bond est réussie et la conclusion est parfaite nous offrant le 007 implacable qu’on adore. Le film à le mérite de sortir des décors habituels nous amenant dans les champs de pétrole d’Asie centrale en lieu et place des îles tropicales mais la mise en scène d’Apted est trop plate pour élever le film vers des sommets.

016- Jamais plus jamais – Irvin Kershner (1983)

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Après des années de guérilla judiciaire Kevin McClory co-auteur d’Opération Tonnerre et détenteur des droits de remake du film (ainsi que de ceux d’utilisation du SPECTRE et de Blofeld que ses héritiers ont cédés à Eon à sa mort) trouve en la personne de Jack Schwartzman , mari de Talia Shire (sœur de Francis Ford Coppola et Adrian dans Rocky) et père de Jason Schwartzman, le producteur capable de mettre en place un Bond en concurrence directe avec la série officielle. Le gros coup du duo est de ramener Sean Connery himself douze  ans après qu’il ait juré de ne jamais reprendre le rôle d’où le titre du film. Ils recrutent Irvin Kershner drapé dans le succès d’Empire Strikes Back et le script est écrit par Lorenzo Semple Jr. auteur des 3 jours du Condor mais aussi de la série TV Batman. Le film privé du thème et du générique officiel est somme toute assez proche du ton (trop) léger des Moore. Toutefois il bénéficie du retour d’un Sean éblouissant malgré l’age et d’un casting solide : Klaus Maria Brandauer est un Largo plus inquiétant que l’original et Barbara Carrera est une bad girl excessive mais réussie, Kim Basinger quand à elle…est belle…Jamais plus Jamais a vieilli certes mais malgré une fin bâclée on le revoit toujours avec plaisir.

017- Spectre – Sam Mendes (2015)

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Attendu avec impatience après le magnifique Skyfall et la perspective du retour de la célèbre organisation  Spectre laisse une impression mitigée entre un retour éblouissant aux figures essentielles de la « formule » 007 que vient ternir l’absence d’enjeux au regard du retour d’un antagoniste aussi majeur  dans la franchise et un dernier acte qui s’effondre narrativement.

018- Les diamants sont éternels – Guy Hamilton (1971)

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Alors que de nombreux noms sont évoqués pour succéder à George Lazenby, que son agent a poussé à quitter le rôle arguant dans un moment de clairvoyance que Bond démodé ne survivrait pas aux années 70, le dirigeant américain de la United Artists David Picker exige le retour de Sean Connery quel qu’en soit le prix! Ce sera 1, 25 millions de $ un record pour l’époque (quasi 7 millions aujourd’hui). D’abord envisagé comme une version « diamant » de Goldfinger d’où le rappel de son réalisateur Guy Hamilton et de Shirley Bassey pour la chanson, l’action se centre sur Las Vegas suite à un rêve du producteur Cubby Broccoli. Exit le frère jumeau de Goldfinger envisagé, on ressort Blofeld incarné de manière vulgaire (il parle du joli petit cul de la Bond girl) par Charles Gray (déjà présent dans On ne vit que deux fois). Tout est à l’avenant dans le script de l’américain Tom Mankiewicz qui tourne l’espionnage à la pantalonnade, Bond n’est plus un agent secret mais une célébrité (vous avez tué James Bond s’exclame la girl à Sean) et se conclut par un final anticlimatique sur une plateforme pétrolière. Nous avons un rapport ambivalent au film objectivement nul mais avec un Connery certes j’m’en foutiste (il venge sa femme décédée lors du pré-générique mais semble bien peu éploré) mais cruel et impérial comme on l’aime. Tout le monde sera d’accord en revanche sur la meilleure scène du film un combat sec et violent dans un simple ascenseur. Mais déjà l’ombre du Saint plane sur les studios de Pinewood…

019- Rien que pour vos yeux – John Glen (1981)

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Après les extravagances spatiales de Moonraker Eon productions décide de ramener Bond sur le plancher des vaches et dans son élément: le thriller d’espionnage. C’est clairement l’esprit de Bons Baisers de Russie que le film cherche à évoquer avec cette quête au McGuffin où se mêle la vengeance de la deuxième Bond girl française de l’histoire la sublime Carole bouquet dans une intrigue basée sur deux nouvelles (Top secret et Risico) de Ian Fleming. On évoque aussi l’autre opus « sérieux » Au service secret de sa majesté avec ce pré-générique ou Bond se recueille sur la tombe de sa femme et élimine enfin Blofeld (non cité pour cause de droits) de manière plus satisfaisante que ne le fit Sean Connery dans Les diamants sont éternels. John Glen longtemps monteur et directeur de seconde équipe débute son bail comme réalisateur de 007 (il détient le record avec cinq films) décide de priver Bond de ses gadgets devenus omniprésents (symboliquement la Lotus Esprit de Bond explose et il se voit contraint de rouler en 2CV) et substitue la sobriété de la mise en scène à l’extravagance des set-pieces. Le film se clôt sur un bel affrontement dans un monastère perché au sommet d’un pic grec. La relation entre Bond et Melina est intéressante mais la différence d’âge entre les comédiens lui fait perdre de sa force. Rien que pour vos yeux a vieilli mais reste un des opus les plus acceptables de la période Moore.

020- Meurs un autre jour – Lee Tamahori (2002)

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Pierce Brosnan sort par la petite porte avec cet épisode marquant le quarantième anniversaire de la franchise. Malgré un scénario qui emprunte aux romans (Bond est capturé et reprogrammé comme dans LHomme au pistolet d’or, le méchant est un mix du colonel Sun et du Drax de Moonraker dont il utilise le stratagème pour infiltrer la haute société) la réalisation de Lee Tamahori ancien espoir neo-zelandais devenu piètre faiseur hollywoodien est de facture télévisuelle, des setpieces grotesques noyés sous d’infâmes CGI nous ramènent à la période Moore et Halle Berry fraîchement oscarisée est une bien fade Bond girl. Et la chanson de Madonna, atroce est de loin la pire de toutes les chansons Bondienne. Mais cela reste un Bond et Brosnan reste impeccable? n’imaginant sans doute pas être congédié

021- Octopussy – John Glen (1983)

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Malgré quelques séquences efficaces (le pré générique en particulier) un coté films d’aventures à l’ancienne (le fait que les Indiana Jones triomphent n’y est sans doute pas étranger (les Bond de Moore ayant souvent suivi les tendances de l’époque) et un bon casting : la suédoise Maud Adams qui a l’honneur d’être James bond girl pour la seconde fois (après L’Homme au pistolet d’or) dans le rôle titre ou Louis Jourdan en maharadja chasseur d’hommes, Octopussy (quel titre !) souffre du vieillissement des cadres de la franchise et en premier lieu celui de Sir Roger.

022- Dangereusement vôtre – John Glen (1985)

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La date de péremption de Sir Roger est largement dépassée dans son dernier Bond où il semble avoir besoin de doublure même pour monter un escalier, le cheveu teint comme une rombière il roucoule des sous-entendus grivois à la potiche Tanya Roberts sa cadette de 28 ans ! Le script le voit affronter un millionnaire sociopathe fruit d’expérimentations nazies Max Zorin incarné par un Christopher Walken peroxydé dont le plan diabolique est copié sur celui de Lex Luthor dans Superman. L’acolyte de Zorin est incarnée par l’amazone Grace Jones tout en roulement d’yeux (et qui devient gentille à la fin). On sauvera du film un Walken toujours inquiétant, un final bien pensé sur le Golden Gate bridge, la chanson de Duran-Duran et une partition de John Barry parmi ses meilleures.

023-Moonraker – Lewis Gilbert(1979)

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Eon productions cède encore aux modes surfant sur le  succès de Star Wars envoyant Bond dans l’espace (ou il n’a rien à faire convenons en)  tout en jouant la sécurité avec un quasi remake de LEspion qui m’aimait . Coproduction française qui nous vaut l’honneur d’avoir une participation de Georges Beller (!!), Moonraker est un gloubiboulga indigeste ou même le potentiel de Jaws (il trouve l’amour et devient gentil) est sacrifié pour attirer les enfants. On garde comme souvent chez Bond le pré-générique.

024– L’homme au pistolet d’or – Guy Hamilton (1974)

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Grande idée d’opposer Bond à Christopher Lee qui plus est dans le rôle de Scaramanga version maléfique de l’espion au permis de tuer. Mais hélas il arrive dans une période où la franchise est en perdition sous l’égide « campy » du scénariste Tom Mankiewcicz. Cette fois le film court après la mode des arts martiaux post-Bruce Lee dans des aventures molles que la classe de l’interprète mythique de Dracula ne pourra sauver. Avec ce naufrage créatif et commercial la franchise est en danger…

025– Vivre et laisser mourir- Guy Hamilton (1973)

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Connery définitivement (?) parti compter ses dollars Roger Moore porté par le succès du Saint lui succède. Le scénariste américain Tom Mankiewicz poursuit son œuvre de démolition et d’américanisation de la franchise transposant l’action du deuxième livre de Fleming de la Jamaïque aux USA en expurgeant les passages les plus violents (qui seront repris dans Permis de tuer ). L’humour grotesque est prédominant et crime de lèse-agent-de-sa-majesté la franchise qui avait donné naissance à la folie d’espionnage des 60’s se voit contraint de copier les deux genres en vogue du moment la blaxploitation et les films de poursuite redneck de Burt Reynolds avec l’inclusion de l’abominable sheriff J.W Pepper. Et Moore la dedans ? Semblant égaré dans la peau de Bond il est introduit de la pire des manières dans une scène à la Feydeau où il doit cacher une maîtresse dans le placard quand M vient le visiter ! Le méchant Kananga ridicule malgré deux hommes de main intéressants Tee-Hee et sa main mécanique et le Baron Samedi connait une fin digne d’un cartoon. Reste une affiche fantastique et l’iconique chanson de Paul McCartney

 

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