Au commencement...

Au commencement (Séries) The Bold Type 1×01-1×04

SYNOPSIS: Les aventures personnelles et professionnelles de Jane, Kat, et Sutton, trois amies new-yorkaises qui réalisent leur rêve en travaillant pour Scarlet, un magazine féminin à succès. Mais alors qu’elles tentent de trouver leur place au sein de cet univers glamour et sans pitié, elles vont aussi devoir s’accomplir en tant que jeunes femmes, entre histoires d’amour, trahisons, et dictat des réseaux sociaux.

Inspiré de la vie de Joanna Coles, ex-rédactrice en chef de Cosmopolitan.

The Bold Type, c’est la nouvelle série de Freeform (ex-ABC Family qui s’est payé un petite remodelage marketing) et qui s’inscrit divinement bien dans la tradition des comédies « professionnelles » de la chaîne, telles que Young & Hungry, Jane by Design ou le très regrettée The Carrie Diaries, destinées à un public jeune, souvent féminin, et qui connaissent un grand chamboulement en ces temps de Seconde Vague Féministe Américaine. Quand les idoles des jeunes se revendiquent d’un mouvement, la sagesse veut que les chaînes de télé suivent, surtout si elles veulent que les jeunes en question se penchent sur leurs séries. Voilà comment Sarah Watson (Pure Genius) a vendu son pitch à la chaîne qui avait bien besoin d’une nouvelle série estivale maintenant que sa poule aux œufs d’or (Pretty Little Liars) a tiré sa révérence.

Jane (Katie Stevens), Kat (Aisha Dee) et Sutton (Meghann Fahy) se sont rencontrées dans les bureaux du magazine Scarlet, où elles ont toutes les trois commencé leurs carrières comme assistantes. A l’heure où la série débute, Jane vient d’être promue au rang de rédactrice, Kat est la responsable des réseaux/médias sociaux et Sutton se morfond dans son poste d’assistante en attendant de monter en grade. Comme dans toute comédie de bureau qui se respecte, nos trois héroïnes vont être confrontées aux aléas de la vie professionnelle et entre écriture d’articles et campagne Twitter, apprendre à grandir, à s’imposer et à faire ce qu’il faut pour atteindre leurs objectifs, en tout bien tout honneur bien sûr. N’allez pas croire pour une seconde que la romance interdite de Sutton avec Richard (Sam Page) l’un des Corporate Board Members de la maison d’édition à laquelle appartient Scarlet, soit une façon de faire avancer sa carrière, ou que la dynamique entre Jane et sa formidable patronne Jacqueline (Melora Hardin) soit directement inspirée de celle d’Andy avec Miranda Priesley dans Le Diable S’Habille en Prada. Que nenni ! Ici, Richard est un type bien qui a des sentiments sérieux pour la petite assistante et la toute-puissante rédactrice-en-chef veille comme une maman poule sur ses poussins d’employés. The Bold Type a beau jouer sur les clichés, la série est en fait bien plus intelligente qu’elle n’y parait. On a évidemment droit à une image lisse, brillante, pleine de gloss et de verni due à la photographie de Cynthia Pusheck et Theo van de Sande, façon Cashmere Mafia et autres séries du même genre, mais en dépit de la présence de Joanna Coles, ancienne rédactrice de Cosmo et producteur exécutif de la série, on est dans une optique plus Teen Vogue que dans Glamour : c’est-à-dire qu’on parle moins de talons aiguilles et accessoires que de la pression exercée par la société sur les femmes. En quelques épisodes on parle de nombreux sujets de sociétés parfaitement d’actualité : harcèlement en ligne dans la lignée de la débâcle GamerGate, le climat politique ambiant avec une politicienne qui ressemble à s’y méprendre à celle qui aurait pu être la première femme Présidente des États-Unis ou encore certains tabous touchant à la vie sexuelle de nos protagonistes. Bref, pour une série destinée à des adolescentes pas encore sorties du cocon familial, on aborde des thèmes assez graves et adultes, tout à fait dans la lignée du magazine Teen Vogue américain, qui, non content de vendre des rouges à lèvres, publie des essais politiques de haut calibre. Preuve qu’on peut aimer la mode sans être nécessairement une tête de linotte.

Ne serait-ce que pour ça, la série mérite tout le bien qu’on peut en dire. Ça n’est pas tous les jours qu’une histoire destinée à des adolescentes les encourage à se pencher sur le monde politique, la misogynie qui sévit sur les réseaux sociaux ou au fait qu’une personne musulmane sur le point d’obtenir un visa de travail n’ait pas forcément les mêmes droits civils qu’un citoyen américain. Cela dit, The Bold Type ne se lance pas trop explicitement sur le chemin de la croisade sociale non plus, et l’on y retrouve un certain nombre de tropes de la comédie adolescente: comment se remettre d’une rupture amoureuse, flirt dans les ascenseurs, etc. Ces demoiselles viennent au travail épaules nues, cheveux parfaitement coiffés et tenues à cinq mille dollars qu’elles ne pourraient jamais s’offrir avec leurs salaires. Mais qu’importe. The Bold Type s’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui mais demeure dans la vente de rêve à l’ancienne. Nous sommes, après tout, à New York, jungle de béton où tout est possible et comme le chantait Sinatra, if you can make it there, you can make it anywhere.

Crédits: Freeform

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