Critiques Cinéma

ZULU (Critique)

4 STARS EXCELLENT

zulu affiche

Le tweet de sortie de projo:

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SYNOPSIS: Dans une Afrique du Sud encore hantée par l’apartheid, deux policiers, un noir, un blanc, pourchassent le meurtrier sauvage d’une jeune adolescente. Des Townships de Capetown aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.

D’abord un roman: Sombre, dur et âpre. Une peinture sans concessions d’une Afrique du Sud gangrenée par la violence et que l’on découvre en filigrane d’une enquête criminelle. Un livre radical de Caryl Ferey, multi récompensé, qui se retrouve aujourd’hui mis en images par le réalisateur de Anthony Zimmer et de Largo Winch 1 et 2, Jérôme Salle, qui opère ici un changement drastique par rapport à ses premiers essais et qui, grâce à cette audace et cette sécheresse, inattendues de sa part, lui permettent de réussir un film épatant, ultra fort et efficace qui offre qui plus est à Orlando Bloom une véritable renaissance sur grand écran et à Forest Whitaker un rôle puissant, tout en fêlures et intériorités. Une vraie surprise et une claque qui reste longtemps en mémoire en même temps qu’un vrai film de genre, Zulu offre une relecture d’un thème maintes et maintes fois abordé et qui trouve ici comme catalyseur un personnage des plus charismatiques qui soit : l’Afrique du Sud et ses démons.

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Au delà du récit policier qui n’est finalement qu’un prétexte à la caractérisation des enquêteurs, Zulu est une plongée dans un monde angoissant et anxiogène, où des exactions sont perpétrées à la fois par des voyous de la pire espèce mais aussi par des truands en cols blancs. La police se heurte à un cloisonnement des communautés et au mutisme d’une population composée de nombreuses personnes qui continuent de souffrir des séquelles encore vives de l’Apartheid. L’attelage composé de deux flics que tout oppose à priori -à tout le moins dans les méthodes de travail- mais que l’adversité va souder, dans la pure tradition du buddy movie, trouve son originalité dans la manière dont chacun vit l’évolution de l’enquête et de ce qui, progressivement, va les amener l’un et l’autre à presque intervertir leur façon de procéder.

zulu 2 La mise en scène de Jérôme Salle à ce niveau de précision est d’une efficacité remarquable. Le réalisateur qui n’est pas un manchot loin de là et qui notamment sur Anthony Zimmer avait démontré sa capacité à faire grimper la tension, réussi des prouesses, bien aidé par une Afrique du Sud que l’on découvre comme si c’était la première fois qu’un cinéaste la filmait. Opposition entre les quartiers pauvres et riches, entre le misérabilisme façon ghetto et l’opulence des villas des milliardaires, haine raciale toujours latente, il filme des endroits rares à l’écran dans leur vérité nue. Si l’humour est presque totalement absent et que ses personnages son plutôt désagréables de prime abord, la matière scénaristique est importante et Salle et Julien Rappeneau en ont bien conscience ce qui donne un script qui ne laisse pas place à l’improvisation et qui dévide sa pelote de laine jusqu’au terrible dénouement (qui aussi difficile soit t-il n’est pas des plus réussis). Cela n’empêche pas certaines séquences incroyables (celle sur la plage entre autres est d’une soudaineté et d’une folle montée en puissance.

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Si la réalisation est vraiment réussie, Zulu, on l’a dit, c’est aussi l’histoire de la résurrection à l’écran d’un acteur dont les apparitions donnaient trop souvent un arrière-goût d’une fadeur extrême. Las, Orlando Bloom est totalement en opposition avec ses rôles précédents. Surprenant en flic tête brûlée constamment sur le fil et porté sur la bouteille comme un petit cousin du Martin Riggs de L’Arme Fatale et du Joe Hallenbeck du Dernier Samaritain, le comédien démontre une félinité et une dureté qu’on ne lui soupçonnait pas. Il embrase littéralement la pellicule passant alternativement de la violence brute à l’empathie profonde en passant par la fureur extrême. Ce rôle lui offre à coup sûr de nouvelles perspectives dans une carrière qui ronronnait. Forest Whitaker, si on l’a déjà vu dans ce type de prestation parvient encore grâce à son talent à transmettre un nombre incalculable d’émotions. Tout en intériorités et en frustration rentrée, il livre un jeu d’une subtilité sans pareille. Si Zulu est un excellent film, il lui manque malgré tout un petit supplément d’âme qui en ferait un mètre étalon du genre, mais rien qui n’empêche de passer un moment puissant aux confins de la noirceur de l’âme humaine.

zulu affiche miniTitre Original : ZULU

Réalisé par: Jérôme Salle

Casting: Orlando Bloom, Forest Withaker, Conrad Kemp,

Inge Beckmann, Tinarie van Wyk Loots, Randall Majiet….

 

Genre: Drame, Thriller

Sortie le: 04 Décembre 2013

Distribué par : Pathé Distribution

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

4 réponses »

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